C’est en écho à l'invitation de notre collègue Daniel RUBEAUD que nous nous retrouvions ce mercredi 12 septembre sous un beau ciel bleu et un chaud soleil pour découvrir les spécificités de la forêt domaniale de
protection de Samoëns.
Celle-ci est située dans la partie ouest du
bassin versant du Clévieux (3 000 ha). Ce torrent de la rive droite du Giffre
prend sa source sur le flanc oriental de la pointe d'Angolon, vers 1 900 m
d'altitude. Il reçoit les eaux de la Golèse, puis celles du glacier de Foilly
et débouche sur son cône de déjection, dans la plaine du Giffre, au hameau des
Moulins.
Trois données caractérisent le climat
septimontain : une température moyenne assez basse (5 à 8°), une humidité
importante (> à 1 600 mm/an) et la faiblesse des vents.
Sur le plan géologique, tout le bassin de
réception jusqu'au confluent des deux ravins du Clévieux, à 1168 m d'altitude,
se trouve dans des schistes où le torrent affouille. Le fond de la vallée est
colmaté par des dépôts torrentiels.
Des crues dévastatrices, aux XVIII et XIXème siècles,
ont engravé le chef-lieu à plusieurs reprises . La cause principale en est
l'apport de matériaux en provenance de Chamossière, ainsi que des ravins
d'Angolon, sans oublier le grand glissement actif du Verney. En effet, à la
suite du pluvieux hiver 1896-1897, le canton du Verney, couvert d'une futaie
d'épicéas centenaires, se mit à glisser vers le thalweg du Clévieux. Il est
probable que ce mouvement a été déterminé par la dissolution des gypses
sous-jacents...
![]() |
Après une descente prudente ... |
... l'un des barrages ! |
un autre barrage autostable (parement vertical en béton sur une dalle en béton recouverte par les amas de pierre) |
A partir de 1902, le sol n'était que fendillé,
mais déjà des arbres penchaient et tombaient. On dut se résoudre à raser
complètement tout le canton, sur une trentaine d'hectares. Puis, des barrages
sont édifiés sur le torrent : cette zone, par son caractère sauvage et
encaissée impressionne le promeneur qui ose s'aventurer dans la gorge, à partir
du hameau des Allamands (15 mn de marche).
Enfin il est procédé à un reprofilage et à un
endiguement du cône de déjection : une immense plage de dépôt est créée
aux Fontaines, rendant très peu probable les catastrophes des siècles
précédents.
Le glissement duVerney, en rive droite du
Clévieux, est le plus connu, avec des centaines de milliers de mètres-cube de
terre et de rochers qui descendent lentement mais inexorablement vers le
torrent ; ce dernier entretenant le mouvement par affouillement en pied. Ce
glissement ne menace que le boisement mais vient alimenter en matériaux le
torrent.
Actuellement, à proximité des bornes n°10 et
11, des épicéas de 50 cm de diamètre à 1,30 m du sol, en forme de luge, ont
leurs pieds à plus de 5 m de faux aplomb en aval de leur cime : un aspect
assez étonnant pour le forestier.
Le torrent du Clévieux endigué à son entrée à Samoëns |
La surface totale de la série domaniale de
Samoëns atteint 88 ha, dont 24 ha en forêt de protection pure, dont la
fonction de production ligneuse ne peut être envisagée (impossibilité de
prévoir des récoltes vendables). La gestion sylvicole est donc minimale.
S'en suivit l'indispensable débriefing !
dans le magnifique cadre du col de Joux Plane :
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