Jacques DOUCHET, cheville ouvrière du projet, eut l'honneur de la 1ère intervention :
Inauguration alpage école du Sulens : 8/09/2022
Mesdames, Messieurs …
Nous y voici enfin, la 3ème
tentative est la bonne ! Les hommes ont changé, certains sont élus,
d’autres ne le sont plus, mais tous avons participés de près où de loin à
l’avènement de ce bel outil qu’est « l’alpage école de Grande Montagne ».
Un peu d’histoire, l’aventure
a commencé le 18 octobre 2016, déjà 5 ans, lors d’un bureau de la Société d'Économie Alpestre (SEA) présidé
alors par Jean Paul AMOUDRY.
Le lycée agricole de Contamine
sur Arve alors dirigé par Martine LABAUNE est à la recherche d’un alpage, ne
pouvant plus exploiter celui de Serraussais sur la commune de Morzine.
Dans le même temps la Communauté
de Communes de la Vallée de Thônes (CCVT) cherche une solution pour l’alpage de
Grande Montagne, ses propriétaires ont fait le choix d’un départ en zone de
Beaufort et souhaite vendre. Le bâtiment est en cours de rénovation mais pas
terminé. De ces deux problématiques va naitre une solution dont nous voyons
aujourd’hui l’aboutissement.
Notre territoire est vigilant
sur le devenir des surfaces pastorales et les communes en partenariat avec la
CCVT dans le cadre du Plan Pastoral Territorial (PPT) et du département acquièrent dès que nécessaire des
propriétés pastorales afin d’en garantir la vocation.
Très vite, le projet d’alpage
école est évoquée, nos amis Suisses ou Italiens possèdent ce type de structure
que la SEA connait. Rien de semblable n’existe en France sur l’ensemble de nos
montagnes.
Le projet est de taille et la
commune de Serraval délègue le dossier à la CCVT. Les élus communautaires
saisiront vite l’intérêt d’un tel projet sur son territoire.
La formation des jeunes est
primordiale pour garantir un avenir à notre agriculture de montagne. Cette agriculture
participe à la production de produits de qualité, entretient les espaces et
joue un rôle majeur dans l’attractivité touristique et le maintien de la
biodiversité.
Dès les 1ères séances
de travail est évoquée l’idée que ce projet doit concerner non seulement le
lycée de Contamine, mais devenir un outil au service de la profession et de
l’enseignement agricole dans son ensemble.
Cette idée va séduire les
collectivités qui vont même en faire une condition pour leur engagement. Le
projet même s’il concerne au 1er chef le lycée, devient un projet
collectif dont l’exemplarité et l’originalité ne se démentira pas jusqu’à ce
jour.
Les démarches partenariales
sont dès lors engagées et elles rencontreront une unanimité constructive qui
lèvera une à une les difficultés.
Partenariat financier, c’est le nerf de la guerre
Le conseil communautaire vote l’acquisition,
avec la garantie que le conseil départemental dans le cadre de sa politique Espaces Naturels Sensibles (ENS)
et de son soutien au pastoralisme apportera son aide. Jean-Paul AMOUDRY sera
l’ambassadeur du dossier auprès de Christian MONTEIL alors Président de
l’assemblée départementale. Le département financera 80% de l’acquisition.
Dans le même temps, le conseil
régional est sollicité pour le financement des travaux, le CR a la compétence
et la charge des lycées. Martial SADDIER alors Vice-président sera lui l’ambassadeur
efficace auprès de Laurent WAUQUIEZ (Nous ne savions alors pas qu’il
participerait à l’inauguration en tant que Président du Conseil départemental)
déjà Président de la région. La région financera l’intégralité des travaux de bâtiments
(Mise aux normes, internat et locaux de fabrication fromagère)
Les planètes sont dès lors
déjà bien alignées.
Partenariat techniques
La SAFER, bien représentée aujourd’hui se
chargera de la négociation foncière, et de la rédaction des baux (Bail de 30
ans entre la CCVT et le lycée pour le foncier et bail emphytéotique de la même
durée entre la CCVT et la région pour les bâtiments) en collaboration avec les
services de la région, de la CCVT et bien entendu du cabinet notarial, François-Xavier
ABRY ainsi que la Directrice seront fortement sollicités durant cette période.
La SEA apportera son expertise
pastorale dès le début du dossier et assurera dans la période de lancement l’embauche
du berger. Elle assure également avec les autres partenaires l’animation du
projet sous l’égide de son Directeur Antoine Rouillon.
La SEA assure également le
lien dans le cadre des relations avec nos voisins Suisses et Italiens et
participent activement à l’organisation de chantiers.
La chambre d’agriculture
apporte son expertise technique et travaille entre autre sur la valorisation
fourragère Guillaume Glénot a dors et déjà produit des études intéressantes et
mutualisables.
Asters, conservatoire des
espaces naturels est associé au projet depuis son origine et participe avec les
établissements associés aux inventaires de biodiversité.
Je n’oublie pas les services
de la CCVT et en particulier les 3 chevilles ouvrières que sont Elodie , Astrid
et Stella qui assurent en collaboration avec le lycée et les établissements le
quotidien pas si simple de ce dossier.
Partenariat local
L’alpage école est une unité
pastorale originale mais aussi classique par sa taille et ses objectifs dans
les Aravis. La relation avec les agriculteurs voisins est importante, c’est
vrai pour le partage de l’eau, pour la détermination des zones de protection et
aussi simplement pour la qualité relationnelle qui fait la qualité de vie dans
nos montagnes.
L’implication au quotidien des
acteurs locaux, est un gage de réussite .Ce projet multi partenarial reste
porter par le local , même si les financements sont divers et importants l’implication
des élus de terrain et des acteurs locaux garantie par leurs engagements , leur
sens des responsabilités et leurs réactivité une gestion saine et efficace qui
bénéficie à tous.
Partenariat pédagogique
C’est sans aucun doute le
point fort et l’originalité de ce dossier.
Le lycée de Contamine et
l’ENILV de la Roche sur Foron établissements publics de l’enseignement agricole
ont une complémentarité naturelle et historique, le lycée produit du lait et
l’ENILV en fait du fromage ; c’est vrai toute l’année, mais plus encore
sur cet alpage puisque le fromager de l’ENILV enmontagne avec le troupeau et
fabrique sur place Abondance, Tommes et bientôt Reblochons. Clément CARRERA est
présent depuis 2017.
Les autres établissements sont
aussi présents et cette collaboration fructueuse entre les 3 familles de
l’enseignement agricole a été voulue et portée depuis le départ par les
directeurs du lycée Matthieu PRÉVOST et de l’ENILV Véronique DROUET.
L’Iseta de Poisy,
établissement privé catholique participe activement.
Les MFR de Cruseilles, du CFMM
à Thônes ainsi que de l’Arclosan sur cette belle commune de Serraval sont impliquées.
Cela aussi est une 1ère
nationale, ce qui a retenue l’attention du ministère de l’agriculture via la
DRAAF et le SRFD. Marc CHILE Chef du SRFD a compris lors d’une visite sur site
avec l’ensemble des chefs d’établissements l’intérêt de cette collaboration qui
dépasse les clivages éventuels où en tout cas les clochers et a proposé de
déposer une demande au ministère pour la mise à disposition d’un ingénieur
durant 3 ans. Ce dossier porté par Matthieu Prévost a vu l’arrivée de Anouchka
Bensaadi qui s’est emparé du dossier.
Depuis 2017, l’alpage école fonctionne,
le chemin quoique parfois sinueux a débouché sur le sommet de la montagne de
Sulens.
Le centre d’innovation et de
sensibilisation pastorale, forestière et environnementale accueille depuis l’an
passé ses 1ers apprenants.
Il reste beaucoup à faire mais
soyons persuadés que l’intelligence collective qui s’est développée sur cette
montagne portera ses fruits pour un avenir durable ; prometteur pour les
jeunes engagés dans cette voie et globalement pour les populations qui trouvent
dans ces milieux les ressources nécessaires à leur équilibre.
Jacques DOUCHET