dimanche 8 mars 2015

Assemblée générale 2015

Conformément à ses statuts, l'AMOMA de Haute-Savoie 

se réunira en assemblée générale 

le samedi 28 mars 2015 à partir de 15 heures.

M. François THIMEL, Directeur, nous accueillera

à l'Ecole Nationale des Industries du Lait et des Viandes (ENILV)

212 rue Anatole France à La Roche-sur-Foron.



La matinée sera consacrée à une visite guidée de l'établissement suivi d'un déjeuner au restaurant de l'ENILV.


Pour tout renseignement, vous pouvez nous joindre par :
  • courriel : amoma74[@]gmail.com
  • téléphone : 06 64 75 40 56


samedi 14 février 2015

Au coeur des Bornes ...

Ce 17 janvier, Villy le Bouveret célébrait la nouvelle année mais, également, honorait l'une de ses enfants : Marie-Jo BRO.

Après une carrière entièrement consacrée au service du monde de l'élevage puis à la Chambre d'Agriculture, elle poursuit son engagement à Groupama Rhône-Alpes Auvergne où, tout récemment, elle a été élue administratrice régionale. 
Ceci explique que dans la nombreuse assistance, nous pouvions noter la présence du Président et du Directeur général de Groupama Rhône-Alpes Auvergne.

Dans l'assistance, nous pouvions noter la présence de M. Cyril PELLEVAT, Sénateur, de M. Martial SADDIER, Député, de Mme Annabelle ANDRE-LAURENT, Conseillère régionale et Maire-adjoint d'Annecy, de M. Jean-Marc BOUCHET, Maire de Villy le Bouveret et de nombreux élus des communes de la Communauté de Communes du Pays de Cruseilles.

  
Entourée de sa famille, de ses amis, de ses anciens collègues de travail, elle recevait les insignes d'Officier dans l'Ordre du Mérite Agricole des mains de M. Gérard DUCREY, Commandeur dans l'Ordre du Mérite Agricole et ancien Président de la Chambre d'Agriculture de Haute-Savoie puis de la Chambre d'Agriculture Savoie Mont-Blanc.

 M. Justin GAVEL portait le drapeau de l'AMOMA de Haute-Savoie car le Conseil d'administration   avait tenu à répondre présent à cette cérémonie qui récompensait, à sa juste valeur, notre Secrétaire général.


A Villy le Bouveret comme partout en France, tout se termine par des chansons, ses complices du Chœur des Bornes lui offrit une magistrale interprétation du Chant des Allobroges.


Intervention de M. Gérard DUCREY :



Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,



Je suis honoré d’être présent parmi vous à l’occasion des vœux, un moment de convivialité très important dans la vie d’une petite commune comme Villy le Bouveret.

Je suis fier de m’adresser à Marie-Jo BRO qui m’a choisie comme parrain pour la distinction qu’elle va recevoir.



Marie-Jo,

Vous êtes née à Villy le Bouveret dans une famille très unie, aux racines profondément ancrées dans le milieu rural et agricole.

Après vos études primaires à l’école du village puis secondaires au lycée Berthollet à Annecy, vous vous orientez vers un BTS « Assistance de Direction ». (Diplôme que vous obtenez sans difficultés). Des stages pendant vos études vous ont permis de découvrir la Chambre d’Agriculture et les organisations professionnelles agricoles de Haute-Savoie. En 1977, vous êtes embauchée dans les organisations d’élevage.

Vous serez rapidement Secrétaire de Direction d’un pôle « Elevage » au sein duquel on retrouve le contrôle laitier, le laboratoire départemental d’analyse du lait, la race Abondance et les syndicats ovins et caprins.

En 2005, la Chambre d’Agriculture fait appel à vos compétences pour assurer l’assistance du pôle « Aménagement ». Un service extrêmement important pour la défense du foncier et la protection des exploitations agricoles. Vous avez donc passé toute votre carrière dans les organisations agricoles.

Votre souci d’être actrice de la société dans laquelle vous travaillez vous a amené à prendre des responsabilités de déléguée syndicale au sein de l’UNSA. Vous avez représenté, durant de longues années, les intérêts de vos collègues salariés.

C’est ainsi que j’ai l’occasion de siéger avec vous à la Commission Paritaire, dès mon élection à la Présidence de la Chambre d’Agriculture en 1998. Vous étiez une personne déterminée, soucieuse de défendre les intérêts de vos collègues.

Après quelques méfiances de ma part à votre égard, en tant que représentant de l’institution « Chambre d’Agriculture », j’ai compris que vous étiez un relais incontournable entre la Chambre d’Agriculture et ses salariés. Vous étiez très présente dans nos discussions. J’ai découvert en vous une interlocutrice ouverte au dialogue, sans langue de bois, soucieuse de l’intérêt des salariés mais aussi de l’avenir de notre institution à la quelle vous étiez fière d’appartenir.

Dans les discussions sur les 35 heures, dans un premier temps, puis sur notre projet de fusion des Chambres d’Agriculture de Savoie et Haute-Savoie, vous avez joué un rôle important dans la finalisation des accords sociaux. Il eut été tentant pour vous salariés de demander une harmonisation par le haut (c’est-à-dire de prendre ce qu’il y avait de plus favorable dans chacun des départements).

Alors que nous subissions des contraintes budgétaires sévères imposées par l’Etat, vous n’avez pas hésitée à convaincre vos collègues des deux départements pour faire des efforts afin de sauvegarder notre institution consulaire et ses services mais aussi pour préserver le maximum d’emploi dans les années à venir.

La Chambre d’Agriculture « Savoie Mont-Blanc » vous doit beaucoup dans la finalisation des accords sociaux qui ont aboutis à une fusion historique. Grâce à votre capacité de dialogue, vous avez installé de la confiance entre les employeurs et les salariés.

Vous étiez appréciée des responsables professionnels, toujours prête à passer beaucoup de temps (souvent tardivement en fin de journée) pour finaliser des dossiers. Il était important pour vous que vos responsables aient tous les éléments nécessaires pour leurs rencontres avec les services de l’état ou les collectivités locales. Vous étiez fière d’appartenir à l’institution « Chambre d’Agriculture » et toujours prête pour aider les élus ou vos collègues qui la représentaient.

L’opportunité d’une préretraite vous a permis de mettre fin à votre carrière professionnelle après 36 années passées dans les organisations agricoles.



Au-delà de votre vie professionnelle, je voudrais faire état de votre engagement mutualiste dont les valeurs sont proches de vos convictions.

Vous êtes engagée à GROUPAMA, cette mutuelle créée par les agriculteurs il y a plus d’un siècle pour subvenir aux besoins de ceux d’entre eux qui étaient dans la difficulté et le malheur. L’ouverture de GROUPAMA au monde rural, dans un premier temps, puis à la société urbaine sans un second temps, ne l’empêche pas de garder ses valeurs d’écoute, de respect et de solidarité envers ses sociétaires.

C’est sans doute ces raisons qui prévalent à votre engagement.

Secrétaire mandataire de 1983 à 1990, pendant une parenthèse de votre vie professionnelle, vous êtes devenue administratrice de la caisse locale de Villy en 1997 puis Présidente en 2007 après le départ de votre oncle Pierrot.

Vous deviendrez administratrice de la Fédération Départementale en 2008. Lors de la réforme statutaire de GROUPAMA Rhône-Alpes Auvergne qui impose la parité au sein du Conseil d’administration, vous serez élue administratrice régionale aux côtés de Jacques DEPEYRE en avril 2014.

Les sociétaires peuvent compter sur vous pour être leur interlocutrice auprès de leur mutuelle mais toujours dans le respect des engagements de chacun.

Pas de souci, l’institution peut aussi compter sur vous pour promouvoir le modèle mutualiste.



Vous êtes aussi engagée dans le monde associatif. Membre de la chorale « Au cœur des Bornes », vous participez avec votre sœur et votre frère à de nombreuses manifestations animant ainsi ce milieu agricole et rural dans lequel vous êtes particulièrement à l’aise.



Oui Marie-Jo, vous êtes une femme active, engagée et toujours prête à rendre service.



Cette sensibilité d’être proche et à l’écoute de ceux qui vous entourent (collègues, voisins, amis, habitants de votre commune), c’est aussi à vos parents et grands-parents que vous le devez. Ils étaient aussi très engagés dans la vie locale à travers le Cercle rural et le Conseil municipal, incarnant eux aussi ces valeurs de respect, d’écoute et de solidarité.



C’est pour toutes ces raisons que le Ministre de l’Agriculture vous a proposé au grade d’Officier du Mérite Agricole lors de la promotion du 14 juillet 2014.

Cette distinction honore votre engagement et les valeurs que vous représentez. C’est aussi la reconnaissance de la place des femmes dans la société. Vous faites partie de celles qui n’ont pas attendues une loi sur la parité pour être active, engagée mais aussi écoutée et reconnue par tous ceux et toutes celles qui côtoient.



Je veux aussi associer à cette reconnaissance Yves, votre mari et vos filles Marie et Mélanie. Car un tel engagement n’est pas sans conséquences pour une vie de famille.



Marie-Jo, au nom du Ministre de l’Agriculture et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, je vous fais OFFICIER DU MERITE AGRICOLE.



Avec mes félicitations et mon admiration pour votre engagement envers les autres.

Toutes mes amitiés.

Gérard DUCREY



Remerciements :
Monsieur le Président, cher Gérard,
Monsieur le Maire, cher Jean-Marc,
Mesdames, Messieurs,

Je suis vraiment très honorée de votre présence à tous, à Villy ce soir pour la remise de cette médaille. Je veux simplement vous dire un grand merci et ajouter quelques mots : les émotions sont faites pour être partagées.

Gérard, vous avez retracé les grandes lignes de ma vie professionnelle. Vous avez tout dit. Sauf peut-être que vous m'avez toujours soutenue notamment dans les plus durs moments de doute que nous avons traversés mes collègues et moi.

Cette médaille est pour moi la reconnaissance du travail accompli. J'en suis très fière. C'est un grand honneur.

Il me vient à l'esprit les visages de mes parents, de mes grands-parents, oncles et tantes avec qui je veux partager ce moment. Ce que je suis, ce que j'ai fait, je leur dois. Ils me poussent. Je sais d'où je viens.

Ce que j'ai fait, je le dois aussi à ma famille, à mon mari Yves, à mes filles Marie et Mélanie ; pour être bien, pour faire bien, il faut un socle et le mien c'est ma famille.

En citant ma famille, je n'oublie pas mon frère et ma sœur, c'est bien bon que vous soyez là !

Je suis très émue d'avoir près de moi ce soir mes ex-collègues de la Chambre d'Agriculture Savoie Mont-Blanc ; vous me faites chaud au cœur. En vous voyant, je repense à nos chemins parcourus.

Sont là aussi, mes nouveaux et anciens collègues de Groupama, avec vous, à vos côtés, je découvre un nouvel engagement qui me donne envie.

Et le Chœur des Bornes : trop bon de partager ce moment avec vous. On chantera bien quelque chose !

Et vous tous, mes amis, d'associations : AMOMA, AROPA, et tout simplement de Villy, mon village, ma terre.

Et à tous, cette citation : "La reconnaissance est la mémoire du cœur" (Andersen).

Villy, le 17 janvier 2015

samedi 24 janvier 2015

Du champignon ... au "Poireau"

Ce 17 janvier 2015, à l'occasion de la cérémonie des vœux de la commune de Lovagny, M. Henri CARELLI, maire, avait accepté que soient honorés M. Daniel AUDOUIT et Mme Christiane AUDOUIT.

Outre M. le maire et son Conseil municipal, étaient présents M. Christian JEANTET, Conseiller général, M. François DAVIET, Président de la Communauté de Communes Fier et Usses et M. Bernard ACCOYER, Député.

Après le rappel de la carrière des récipiendaires :
 

M. le Député leur remit la médaille de Chevalier de l'Ordre du Mérite Agricole. M. Henri CARELLI leur offrit la médaille de la commune.



Cérémonie de remise des insignes de l’Ordre du Mérite Agricole
À M. et Mme AUDOUIT
Lovagny le 17 janvier 2015

Une vie et une carrière au service du champignon

M. Daniel AUDOUIT, vous avez commencé votre parcours « dans le champignon » en 1972 à Montoire-sur-le-Loir au sein des établissements GUILBEAU. Vous arrivez en Haute-Savoie en juillet 1974 dans l’entreprise LIGERET comme responsable du compostage, afin d’obtenir le statut de travailleur frontalier pour aller travailler en Suisse. Après six mois d’activité, vous partez donc travailler en Suisse chez M. Parmentier, champignonniste.
Toutefois, six mois plus tard, vous vous installez à Chambéry avec Melle LIGERET qui deviendra Mme AUDOUIT et prenez la direction du site de Chambéry ouvert par votre beau-père, M. LIGERET. L’activité de ce site durera un an et demi et devra être interrompue pour des raisons de sécurité, les galeries étant devenues dangereuses. Vous revenez donc à Annecy au sein des établissements LIGERET comme directeur technique jusqu’à leur liquidation en 2000.

Mme Christiane AUDOUIT, vous avez toujours travaillé dans le monde du champignon depuis votre mariage en 1975, la plupart du temps de façon bénévole. Vous avez ainsi assuré de nombreuses fonctions allant de la récolte au nettoyage des caves, notamment à Chambéry, en passant par les livraisons. Vous avez également assuré pendant de nombreuses années la comptabilité de l’entreprise LIGERET. Depuis 1995, vous avez collaboré à plein temps au fonctionnement de l’entreprise.

Une production artisanale
La concurrence des productions intensives, en serres climatisées, nuit fortement à votre entreprise.
N’étant plus que deux pour assurer toutes les étapes de la culture à la commercialisation, vous avez dans un premier temps rationalisé votre procédé en supprimant toute la préparation du fumier.
Malgré une application méticuleuse, des soins constants et une longue expérience, le travail des champignonnistes ne suffit malheureusement pas à garantir une production régulière. La nature conserve ses mystères : trop de vent, l’air s’assèche et les champignons ne sortent pas ; trop de pluie, l’hygrométrie des caves augmente, et les moisissures apparaissent ; trop de fraîcheur, et la pousse est inhibée, etc. Très fragiles, les champignons sont cueillis un par un et placés directement dans des barquettes de 250 ou de 500 g.
A la fin de la fructification, vous deviez évacuer le compost des galeries, et tout désinfecter soigneusement avant de laisser la cave au repos deux semaines puis de recommencer.
Diversification appréciée des gourmets annéciens, le pleurote (cousin des champignons de Paris) montre au chaland sa coquille gris velouté ou beige fumé. Plus frugal, il pousse en touffes sur de la paille et nécessite l’alternance jour / nuit pour croître. Autre innovation de  votre part par rapport aux cultures historiques des Etablissements LIGERET, le shii-také, ou lentin du chêne, très prisé des clients soucieux de diététique ou gourmands de cuisine asiatique, passe pour receler des vertus anti-cancérogènes.
Vous avez travaillé sept jours sur sept, du matin au soir, sans vacances ni jours fériés, pour permettre à une activité artisanale de persister et fournir des produits de très haute qualité à une clientèle de professionnels (restaurants) ou de particuliers exigeants, à des prix qui ne laissent aucune marge de manœuvre. Sous terre chaque jour de l’année, éclairés par vos lampes frontales, vous avez perpétué un savoir-faire en voie d’extinction puisque vous n’étiez plus qu’une poignée de champignonnistes dans toute la France à exercer le métier selon les méthodes traditionnelles, sans serres climatisées.
Votre production trouvait sa place sur les marchés d’Annecy, à défaut de circuits de distribution adaptés à votre modeste échelle.

Les visites du site
A partir de 2009, l’idée ayant germé de valoriser votre travail et de faire connaître votre activité hors du commun, votre fils Franck AUDOUIT (professeur de sciences) organise sur le site-même des galeries des visites régulières destinées au grand public : chaque mercredi après-midi en juillet et août ou chaque 1er samedi du mois le matin d’avril à novembre, avec le soutien du Syndicat d’initiative de l’Albanais. Pour ce faire, Franck AUDOUIT a réalisé un dépliant reprenant des éléments de géologie locale, l’historique de l’entreprise et la présentation des trois cultures pratiquées sur place. Des groupes, y compris des classes entières d’élèves de niveau élémentaire, seront accueillis également sur rendez-vous tant vous étiez soucieux de montrer votre production agricole méconnue – et quand bien même le travail dans les galeries ne s’effectue pas tout seul pendant ce temps de communication.
Cette initiative remporte un succès croissant, le nombre de 200 visiteurs a été atteint sans difficulté entre juillet et août 2012.
Toutefois, l’âge avançant, vous ne reniez pas votre passion pour les psalliotes mais pensez à prendre votre retraite. Ce fut chose faite en décembre 2013 mais non sans un pincement au cœur car, désormais, la profession n’est plus représentée dans le département car aucun successeur ne s’est annoncé.
C’est pour toutes ces raisons que le Ministre de l’Agriculture vous a décerné le grade de Chevalier du Mérite Agricole au titre de la promotion de janvier 2014.